L'université doit-être l'endroit où l'ascenseur social fonctionne parfaitement

Publié le par Sébastien Delsanne

Cela fait près de 10 ans que les FUSL (Facultés Universitaires Saint-Louis – Bruxelles) , les FUNDP (Facultés Notre Dame de la Paix – Namur) , les FUCAM de Mons et l’UCL proposent un test d’orientation appelé « passeport pour le bac » aux étudiants rentrant en 1ère année du premier cycle universitaire. Ce test anonyme vise à lutter contre les éventuelles lacunes des étudiants et selon leurs résultats, permet de mettre en place des dispositifs de remédiations.

L’impact positif de ce dispositif n’est plus à démontrer. Faut-il dès lors généraliser ce dispositif à l’ensemble des universités de la Fédération Wallonie-Bruxelles ?

L’idée est bonne s’il on prend garde de ne pas transformer petit à petit ces tests d’aptitudes en examen d’entrée.

Néanmoins , l’idée avancée par le cabinet Marcourt et publiée ce vendredi dans la Libre Belgique qui consiste à lier la réussite à ce dispositif aux tests dispensatoires de fin de premier quadrimestre (janvier) en première année tend à dénaturer  le dispositif, elle est contre-productive et injuste.

Rappelons qu’en première année du bac les examens de janvier  sont en réalités des tests dispensatoires. Ces épreuves de fin de premier quadrimestre permettent aux étudiants  qui les réussissent d’être dispensés de représenter la (partie de) matière sur laquelle porte le test. En cas d’échec, par contre, les résultats du test n’entrent pas en compte.

Or, un article de l’avant-projet de décret prévoit que pour les étudiants n’ayant pas réussi de manière satisfaisante le test indicatif à l’entrée à l’université ou s’étant inscrits aux études après la date d’organisation de celui-ci, la participation aux épreuves de fin de premier quadrimestre est obligatoire et celles-ci interviennent dans leur évaluation finale.

Cette nouvelle disposition, au-delà de la double peine qu’elle instaure qui est à elle seule tout bonnement inacceptable, ferait sortir du dispositif d’aide à la réussite ceux qui justement en ont le plus besoin ce qui leurs feraient courir le risque d’une seconde session en septembre dès janvier.

Cette idée  aura donc pour conséquence de pénaliser un peu plus les étudiants les plus faibles , c’est le contraire de ce qu’il convient de faire.

L’université doit-être un endroit où l’ascenseur sociale fonctionne plus que correctement, où chacun doit avoir la possibilité de se former tout en palliant à ses lacunes héritées de la formation pré-universitaire.

L’université ne doit pas être exclusivement réservées aux étudiants ayant fréquentés les meilleures écoles et/ou ayant bénéficiés de conditions sociales favorables à la formation intellectuelle. Elle doit donner sa chance à tous, peu importe les conditions sociales de chacun. Elle doit mettre en place les dispositifs permettant à chacun d’avoir toutes les cartes en mains pour réussir sa formation, ce qui est capital pour l’avenir de chaque étudiant, de la jeunesse et de la société tout entière.

L’avant-projet du Ministre Marcourt est à l’opposé de cela, c’est pour ça qu’il ne peut être accepté en l’état.

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