Rassurer.

Publié le par Sébastien Delsanne

C’est la mobilisation générale. Le branle-bas de combat.  Rassurer. Voilà ce qu’on essayer de faire tout ce week-end les dirigeants du G7 et du G20.

Rassurer pour éviter un nouveau krach boursier après une semaine de dégringolade boursière partout sur la planète et la dégradation de la note « AAA » des Etats-Unis par l’agence Standards & Poors doublée d’une perspective négative. Tout cela dans un contexte de vive inquiétude concernant la dette souveraine des Etats membres de la zone euro et en particulier celles de l’Espagne et de l’Italie.

Alors que le plan de sauvetage du 21 juillet dernier doit encore être ratifié par les parlements nationaux (la France a convoqué une session extraordinaire du parlement pour début septembre, la Belgique devrait faire de même), seul la BCE pouvait agir, le Fond Européen de Stabilité Financière n’étant pas encore opérationnel. Ce qu’elle a fait ce dimanche, en annonçant le rachat de dette espagnole et italienne pour un montant qui avoisine les 240 milliards d’euros.

A très courts termes, cette mobilisation a empêché les marchés européens de céder à la panique (au contraire de Tokyo et Séoul) et devrait éviter, pour l’instant, le pire.

Mais les marchés sont dans l’expectative de l’attitude de Wall Street qui, si elle décrochait, entrainerait avec elle l’ensemble des bourses européennes. Ils attendent également de savoir si les Etats Unis vont d’une part connaitre un ralentissement leur économie , car c’est bien connu, quand la première économie du monde s’essouffle, c’est l’ensemble de l’économie mondiale qui suffoque, et d’autre part comment l’oncle Sam va-t-il se refinancer dans les semaines et mois à venir et surtout à quel taux alors que la marge de manœuvre de Barack Obama est de plus en plus réduite.

 

Une prise de conscience mondiale

Les membres du G7 et du G20, tout comme les membres de la zone euro, vont dorénavant agir de concert pour ramener progressivement la confiance et pour éviter les variations trop importantes sur le marché des actions.

Mais, en profondeur, les pays les plus développés doivent comprendre qu’ils ne peuvent plus vivre largement au-dessus de leurs moyens. Cela impose donc des réductions importantes des déficits publics.

La zone euro, même s’il faut reconnaitre qu’elle n’est pas en danger, doit fortement évoluer vers une gouvernance renforcée. Cela passera, sans doute, par la création d’euro-obligations ainsi que par une coordination accrue des politiques économiques. La crise aura eu comme effet  de faire avancer beaucoup plus rapidement les institutions européennes et l’intégration des Etats membres de la zone euro vers une confédération d’un type nouveau. On ne pourrait s’en plaindre.

Aux Etats-Unis, cela se marquera sans doute par la fin d’une époque : celle de l’argent facile. Ni l’Etat fédéral, ni les américains ne pourront continuer à vivre à crédit.

Standards and Poors

Néanmoins, la décision de Standards and Poors , basée sur une erreur de calcul de 2000 milliards d’euros, est injustifiée et en dit long sur le comportement véritablement nocif des agences de notations. Ce n’était cependant pas une surprise pour les marchés puisque l’agence de notation avait depuis plusieurs semaines annoncé cet ajustement.

Rassurez-vous, le pire est peut-être encore à venir.

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Publié dans Various

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