Annie Gerardot : un génie s'en est allée
Gouaille, généreuse, impulsive, voici quelques mots qui reviennent sans cesse pour parler d’Annie Gerardot, monument du cinéma français.
« Tu as le plus beau tempérament dramatique de l’après-guerre » avait dit d’elle Jean Cocteau. Elle fit toutes ses classes au Conservatoire de Paris avant de jouer tous les rôles classiques à la Comédie Française.
Dans les années 70, sa carrière décolle. Elle tourne près de 3 films par an à coter de tous les grands : de Bertrand Blier à Michel Gallabru , de Belmondo à De Funès . Femme, sœur, amie, médecin , … tous les rôles lui vont comme un gant.
Toujours fidèles à Claude Lelouche, c’est à ses côtés qu’au début des années 90 elle fait son retour au cinéma après une décennie loin des caméras.
En 2002, c’est la consécration avec un second César , celui de meilleure second rôle féminin , pour « Le Pianiste » (qui lui avait déjà été décerné en 1995 pour « Les Misérables ») et un Molière de meilleure comédienne pour « Madame Marguerite ».
Elle tournera avec sa pièce pendant des années, jusqu’au bout sauvée par une oreillette pour cacher la maladie d’Alzheimer qu’elle révélera 4 ans plus tard. Depuis, elle c’était retirée de la vie publique.
Annie Girardot était une femme simple dotée d’une sympathie mystérieuse qui n’avait pas de talent mais du génie. Avec un tempérament volcanique et dépressif, c’était une joyeuse croqueuse de la vie dont elle trouvait que c’était une « connerie » mais qu’elle prenait sans tricher. Elle était vrai, tellement vraie.
En 1996, alors qu’elle vient de recevoir un César, elle s’écriait les larmes aux yeux « je ne sais pas si j’ai manqué au cinéma français mais à moi le cinéma français à manquer follement, éperdument, douloureusement ».
Chère Annie, vous manquerez follement, éperdument et douloureusement au cinéma français et le public ne vous oubliera jamais. Soyez-en sure .
Salut l'artiste!