Il faut sauver les platanes!

Publié le par Sébastien Delsanne

Avenue du Port : 300 platanes menacés par l'abattage, 1 500 000 pavés menacés de disparitions.

 

Dans la fin des années 90, des plans ont été conçus au Port de Bruxelles afin de créer un centre logistique de distribution sur les terrains vagues compris entre le centre du TIR (Transport International Routier) et Tour & Taxis. L’idée était d’en faire un centre de transferts multimodal, où les marchandises auraient pu arriver par train, par camion ou par bateau pour être ensuite réparties dans de plus petits camions pour desservir le centre-ville. Cependant, il apparut très vite qu’il n’était nullement question de multimodalité : l’approvisionnement ne viendrait en fait ni via le canal, ni via le chemin de fer, mais uniquement par route. Clairement, le BILC (c’est le nom de ce projet) n’était finalement rien d’autre qu’une extension du centre TIR existant, et non un centre de redistribution pour la ville. Les marchandises arriveraient à Bruxelles, pour ensuite en repartir : une circulation aussi envahissante qu’inutile de poids lourds au cœur de Bruxelles !

 

L’avenue du Port devait donc subir un réaménagement, pour la doter d’une couverture en béton aussi solide que possible, capable de supporter le passage de (très) nombreux camions. A l’époque, Pascal Smet, ministre de la mobilité, tenta de faire passer la pilule que devait avaler le quartier en annonçant de nouveaux trottoirs et de jolies pistes cyclables.

 

Le 8 juillet 2008, la Ville de Bruxelles et la Société de Développement pour la Région de Bruxelles-Capitale (SDRB) votèrent en faveur du réaménagement de l’avenue. La Direction des Monuments et Sites de l’Administration de l’Aménagement du Territoire et du Logement (AATL), la Direction de l’Urbanisme de l’AATL et Bruxelles Environnement (IBGE) votèrent contre. Des associations telles que le BRAL, l’IEB ou l’ARAU exprimèrent leur réticence face à ce projet

 

Vers la fin de la dernière législature, Brigitte Grouwels, ministre du port, perdit même le soutien de son gouvernement pour le projet BILC. L’avenir des terrains toujours inoccupés est jusqu’à présent incertain. Les actions de l’IEB, du BRAL, de l’ARAU et de NO-BILC ont porté leurs fruits. Il est aujourd’hui question d’installer un centre de transferts sur le site de Schaerbeek-Formation.

 

A l’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe gouvernementale , le projet BILC et celui du réaménagement de l’avenue du Port furent mis au frigo. Mais juste avant l’expiration du permis de bâtir, obtenu en 2008, Brigitte Grouwels, devenue ministre de la mobilité, voulut absolument faire passer le projet. La question de savoir si le projet ne devrait pas être adapté au vu de l’évolution de la situation ne se pose même pas. Malgré les protestations venues de toutes parts et une conférence de presse du comité de quartier Marie-Christine, de l’ARAU et de BruxellesFabriques le 22 mars 2011, le contrat avec l’entrepreneur est signé comme un passage en force. Les travaux devaient commencer en avril 2011. Suite aux protestations d’habitants du quartier, l’abattage des arbres est retardé jusqu’à la fin de la période de nidification. Les platanes pourront donc être liquidés dès la mi-août et avec eux tout le reste de l’avenue.

 

Madame  Grouwels,


 

 

Depuis plusieurs mois, je me mobilise activement contre le réaménagement de l’avenue du Port tel qu’il est prévu par la Région.


Si vous souhaitez connaître mes raisons et points de désaccords, je vous invite vivement à visiter le site www.avenueduport.be, vous ne serez pas insensible aux arguments développés.

 

Je n’habite pas cette avenue et pourtant je suis très attaché(e) au caractère patrimonial de celle-ci. Elle représente, comme vous le savez, la dernière avenue portuaire, vestige de la grande période industrielle de notre cité. Le charme incontestable de cette avenue secaractérise principalement par son gabarit, la mer de pavés et les 300 platanes qui la bordent.

 

Madame Grouwels, en tant que Ministre de la Région de Bruxelles-Capitale, Capitale de l’Europe vous avez la responsabilité morale de mener des politiques exemplaires pour préserver notre patrimoine et notre environnement. Je sais que vous n’êtes pas l’initiatrice de ce projet coûteux et écologiquement désastreux et vous supplie de l’arrêter tant qu’il n’est pas trop tard!

 

Les membres de l’Action Patrimoine Pavés Platanes vous ont proposé un projet alternatif et raisonné. Pourquoi restez vous  insensible à la voix du citoyen et à leurs arguments soutenus pourtant par une pétition signée aujourd hui par près de 4500 personnes?

 

Je vous remercie pour l’attention que vous porterez à cette lettre et garde espoir de sauver, avec votre collaboration, notre avenue du Port.

 

Je vous prie, d’agréer, Madame La Ministre, mes sentiments les meilleurs.

 


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Publié dans Société-Culture

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