Faire payer les riches?

Publié le par Sébastien Delsanne

C’est la question du moment. La préoccupation de l’instant. La piste évoquée pour renflouer les caisses bien vides de nos états.

Il est évident qu’il faut de la justice fiscale. Si un constat s’impose bien, celui qui fait que les classes moyennes paient entre 35 et 45% d’impôts sur leurs revenus alors que les « plus riches » paient entre 25 et 30% d’impôts (ce qui rompt le principe fondamentale de l’égalité devant l’impôt) , il ne suffit pas pour dire « il faut faire payer les riches ».

Et les riches , c’est qui d’abord ? Le riche c’est l’autre. Peu importe sa situation, on a toujours un plus riche que soit.

Va-t-on définir alors des plafonds ? Mais dès qu’ils seront définis, ils seront obsolètes et dépassés.

Il faudrait d’abord considérer qu’il existe deux types de riches :  ceux qui ont gagné de l’argent par le travail, le labeur et ceux qui le gagne par la spéculation  et par des profits disproportionnés.

On peut bien évidemment sortir une tonne de propositions. Limiter l’écart de salaire entre le patron et le plus bas salaire. Créer l’impôt sur la spéculation. Augmenter l’IPP tout en exonérant l’investissement. Etc. Mais cela aurait un effet extrêmement limité. Ainsi par exemple, l’impôt exceptionnel de 3% touchant les personnes gagnant plus de 500.000 euros par an instauré en France ne rapportera que 200.000 millions d’euros. Nada !

Il ne faut pas non plus oublier un élément essentiel, crucial même : nous vivons dans une économie ouverte où les mouvements des capitaux ne connaissent aucune frontière.

Evidemment, nous pourrions mettre en place la fameuse taxe Tobin, taxe sur les transactions financières. A un taux très faible de 0,05% elle rapportera des milliards d’euros dans les caisses. Mais, elle n’est réaliste et réalisable qui si et exclusivement si un grand nombre d’états la mettent en œuvre, et au minimum l’ensemble des Etats européens.

Si taxer les riches a une forte valeur symbolique, il faut tout de même revenir à la raison. La meilleure manière de renflouer durablement les caisses de l’Etat est de retrouver la croissance économique. Il existe de puissants levier pour y parvenir. C’est à cette tâche prioritaire qu’il faut s’atteler sans plus attendre.

Certes, une réforme fiscale importante doit être mise en œuvre , mais la condition minimale est le retour à la croissance crée par tous et partagée par tous.

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Publié dans Politique

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