La France est gouvernée par Monsieur Bricolage

Publié le par Sébastien Delsanne

 Ca y est. La France est le nouveau pays d’Europe à connaitre un plan d’austérité. Pourtant, depuis des semaines les 2 têtes de l’exécutifs et le gouvernement français avaient juré que grâce aux « bénéfices » retiré des prêts accordés en 2008 aux banques pour les renflouer , le budget national n’avait pas souffert et qu’il ne fallait donc pas d’austérité puisque cela n’avait pas aggravé les déficits.

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La cure d’austérité a pourtant commencé le 1er jour du quinquennat de Nicolas Sarkozy. « Les caisses sont vides » avait même déclaré le Premier Ministre. La dette publique était à 1211,6 milliards d’euros soit 62,4% du PIB en 2007 (selon l’INSEE). Pour tenter d’éviter de creuser la dette l’exécutif avait trouvé la solution miracle : le non-remplacement d’un fonctionnaire partant à la retraite sur deux.

Mais pendant ce temps, la loi TEPA votée en juillet 2007 et présentée au parlement par Christine Lagarde creusait à gauche, ce que l’on tentait de boucher à droite : bouclier fiscal, suppression des droits de succession, défiscalisation des heures supplémentaires. Voila pour l’emblème du quinquennat. Le symbole du sarkozysme. On nous avait même promis de revenir à des budgets en équilibre, ce qui n’est plus arrivé depuis … 34 ans.

4 ans après, et une crise financière contaminant l’économie réelle, la situation est catastrophique : fin mars, la dette publique atteignait 1646,1 milliards d’euros soit 84,5% du PIB et avec un déficit public de 98,5 milliards d’euros soit 3123 euros par secondes (INSEE) . Ne parlons même pas du chômage.

La crise a vidé les caisses clame-t-on haut et fort de l’Elysée à la rue de la Boétie en passant par Matignon et Bercy. Elle a bon dos la crise. Certes elle a une part de responsabilité, mais la plus grosse part revient à la politique économiquement inefficace et absurde, socialement injuste, politiquement dangereuse, menée par Nicolas Sarkozy depuis son élection.

Alors on a consenti à toucher aux symboles : fini le bouclier fiscal, supprimer en partie la défiscalisation des heures supplémentaires, revu la suppression des droits de successions. On a même réformer les retraites qui ont, selon le Président, sauver la note « AAA » de la France , ce qui est une absurdité totale, sans pour autant régler à moyen et long terme le problème.

Tout va bien

C’est le slogan de l’été. Tout va bien. Ne craignez rien . Mais voila que Standards and Poors a dégradé la note des Etats Unis d’un cran. Branle bas de combat politique. Il faut agir. La situation est dorénavant catastrophique. Entre les deux, il s’est passé 20 jours.

Un plan de bric et de broc

Dans l’urgence, mais Nicolas Sarkozy fait tout dans l’urgence et la précipitation quitte à se renier lui-même (se renier plus pour rogner plus) , le gouvernement flanqué de ses nouveaux ministres du budget et de l’économie a présenté un plan d’austérité visant à économiser 1 milliards d’euros cette année et 11 milliards d’euros l’année prochaine et ce pour respecter « les engagements européens de la France ».

Petite taxe à gauche, moyenne à droite, augmentation par ici de la TVA, coup de rabot par la sur les niches fiscales. Voila pour les mesures sérieuses, crédibles et courageuses du gouvernement. Un véritable plan fait de bric et de broc qui ne servira à rien.  Au passage on a comme même créer un impôt visant les personnes gagnant plus de 500.000 euros par an . On leur avait donné pour 180 millions d’euros de cadeaux fiscaux , on peut bien leur reprendre 200.000 millions !

Une fois n’est pas coutume, Philippe De Villiers a bien résumé la situation : « la France est gouvernée par Monsieur Bricolage ». Car, la seule chose utile à faire est de remettre complètement à plat le système fiscal français. De le réécrire, de le refaire, de le refonder. Tous les économistes, tous les spécialistes le réclament haut et fort. La gauche aura probablement, c’est à espérer, le courage et l’audace de le faire si elle est portée en 2012 aux responsabilités de la France.

Pour l’heure, il ne faut plus rien attendre de Nicolas Sarkozy, lui qui avait promis d’aller chercher «  le point de croissance qui manque à la France avec les dents ». Ce n’était que parole et il a encore toutes ses dents.

 

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Publié dans Politique

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