Le changement, l'Elysée préfère la continuité
"C'est fini ! C'est fini la comédie" , ces paroles de Dalida vont bien avec cette fin de week-end et l'annonce du gouvernement Fillon III. Gouvernement qui ne bénéficie ni de l'effet de surprise puisque le feuilleton du remaniement dure depuis l'échec de l'UMP aux régionales de mars 2010 ni de l'état de gâce , il suffit de voir les réactions du Parti Socialiste, des syndicats mais aussi des centristes (dont les commentaires furent très durs à l'égard du Président Sarkozy ce dimanche).
Les centristes sont les principales victimes de ce remaniement. Jean-Louis Borloo , humilié dans la course à Matignon, à claqué la porte pour reprendre sa liberté de parole et tout ses proches l'ont suivi. La famille centriste est désormais bien peu , très peu même, représentée au sein du gouvernement par Michel Mercier (nouveau Garde des Sceaux , Ministre de la Justice). L'absence des centristes réduit dès lors le champs politique de Nicolas Sarkozy qui se prive, par effet miroir, de pouvoir parler à la droite de la droite.
La question principale qu'induit ce remaniement est de savoir désormais si un candidat centriste (tendance droite) se lancera , en concurrence à Nicolas Sarkozy , à l'assaut de la Présidence de la République en 2012.
Ce remaniement est , globalement , caractérisé par 2 élements: primo l'absence des centristes , on vient d'en parler et secondo un gouverment très UMP voir très RPR , avec deux ministres d'Etat (Alain Juppé et Michèle Alliot Marie) issu de cette tendance.
Pour le reste , pas beaucoup de changements, on prend les mêmes et on recommence (parfois à d'autres fonctions) et on y ajoute quelques amis du Président tel Thierry Mariani et Frédéric Lefèbvre. Un gouvernement de combat donc , très politique, avec la fin de l'ouverture et sans membres de la société civile.
Pour le changement , on oublie. On continue dans la droite ligne tracée dès 2007. Ainsi, la reconduction de Christine Lagarde à l'Economie, de François Baroin au Budget , de Brice Hortefeux à l'Intérieur et de Luc Chatel à l'Eduction Nationale indique clairement que l'on ne change pas le cap, crise ou pas crise.
L'on pourra toutefois noté deux petits évènements: la suppression du pécher originel du quinquénat que fut la création du ministère de l'immigration et de l'identité nationale et la présence, une première sous la Ve, d'un couple au gouvernement (Ollier-Alliot Marie).
Il va donc falloir beaucoup ,énormément de pédagogie pour expliquer et faire croire au français que ce remaniement était nécessaire et qu'une nouvelle étape du quinquénat commence. On en sera probablement déjà plus avec la déclaration de politique générale qui tracera les objectifs du gouvernement pour les mois à venir mais surtout une intervention télévisée de Nicolas Sarkozy est devenue obligatoire pour voir ce qui se cache derrière la façade du remaniement.
Enfin, ce n'est probablement pas le dernier remaniement, les élections sénatoriales et cantonales d'octobre 2011 devraient permettre à la gauche de conquérir la majorité au Sénat (une première sous la Ve) et donc contraindre Nicolas Sarkozy pour la fin de son mandat.