Pas d'alternative crédible au nucléaire
La crise nucléaire qui frappe le Japon suite au tsunami dévastateur du 12 mars dernier provoque l’angoisse, l’anxiété et la peur. Mais nous devons regarder la situation avec objectivité et calme.
La centrale de Fukushima est victime d’une réaction chimique mais pas encore d’une catastrophe nucléaire. Les centrales japonaises et occidentales ne sont pas Tchernobyl. Leurs structures sont fondamentalement différentes : dans le cas présent (et à l’inverse de Tchernobyl) les réacteurs nucléaires sont enfermés dans un sarcophage en acier qui est lui-même recouvert d’un sarcophage en béton. C’est dans celui-ci que de l’hydrogène s’est accumulé avant d’exploser. Les réacteurs nucléaires ne sont donc pas à l’air libre. Il n’en reste pas moins que la situation est très grave (ce sont des incidents qui seront probablement classés de niveau 5 ou 6 sur une échelle qui en comporte 7, Tchernobyl ayant la valeur la plus élevée).
Nous devons aider le Japon qui vient de demander l’aide des américains notamment qui ont construits ces centrales. Nous devons rassuré : vu la distance , comme l’annonce l’IRSM , même si par malheur un nuage radioactif devait se créer il n’atteindrait pas l’Europe. Mais nous ne devons ni polémiquer ni faire de la politique politicienne sur le dos de ces catastrophes et encore moins agiter le spectre de la peur à des fins électoralistes.
Bien sur, après la crise actuelle, nous devrons analyser et faire un retour d’expérience. Et nous en tirerons les leçons.
Mais cela ne veut pas dire qu’il faut à tout prix et coûte que coûte sortir du nucléaire au motif que le risque zéro n’existe pas. Il n’existe nulle part d’ailleurs.
Nous ne devons pas faire un mauvais procès à la filière nucléaire qui est la moins pollueuse de toutes les filières de production d’énergie (le charbon, le gaz ou le pétrole sont des énergies très polluantes).
D’ailleurs, l’Italie qui est sortie du nucléaire il y a 25 ans est le pays le plus pollueur d’Europe parce qu’elle produit son électricité à partir du gaz alors que d’une part le pays a la filiale des énergies renouvelables la plus développée du continent et que d’autre part elle dispose de la plus grande centrale photovoltaïque.
Ensuite, la filière nucléaire est la moins mortelle loin devant le pétrole, le charbon ou le gaz.
Enfin, l’électricité produite par les centrales nucléaires est de 15 à 40% moins chère et permet l’indépendance énergétique.
L’on peut également se poser deux questions. La première concerne l’alternative proposée au nucléaire en cas de sortie. Quelles énergies vont remplacer cette filiale pour produire de l’électricité ? Va-t-on importer de l’électricité ? Si oui, alors nous achèterons de l’électricité produite par la filiale nucléaire dans d’autres pays européens. Ce serait un comble mais nous n’aurions pas le choix. Cela n’est ni censé ni pertinent. La réalité est qu’à l’heure actuelle nous n’avons pas d’alternative crédible. C’est cette alternative crédible que nous devons trouver avant de penser à sortir du nucléaire.
Deuxièmement, la question fondamentale n’est pas dans le débat pour ou contre le nucléaire. Elle est la suivante : comment démantèle-t-on les centrales nucléaires ? Car pour l’instant, personne ne sait comment le faire. Aucune centrale nucléaire n’a à ce jour été démantelée.