"Shame" : il faut être gouverné!
« Shame » est un évènement exceptionnel dans l’histoire de notre pays. Alors que notre plate contrée est recordman d’Europe de la crise politique la plus longue et qu’il est en passe d’avoir le record mondial, le raflant à l’Irak, pour la première fois depuis le 13 juin , les belges ont crier leur ras-le-bol face au chaos politique.
Beaucoup pourrait-être dit sur cette manifestation. Au premier rang, nous pourrions rappeler qu’une manifestation citoyenne est par essence un acte politique. L’on pourrait aussi objecter que se dire « apolitique » est un geste politique. Et j’en passe.
Je ne crois pas que l’important est là. L’important c’est la volonté exprimé par un nombre incalculable de citoyen , bien au-delà de ceux qui ont foulé ce dimanche le pavé bruxellois, d’avoir un gouvernement.
Pour cela, il faut stopper la logique actuelle qui consiste à obtenir un accord institutionnel en préalable à la formation d’un gouvernement fédéral.
Une autre logique est possible, avec un certain courage politique certes. Cette logique consiste à travailler en parallèle : d’une part la formation d’un gouvernement fédéral et d’autre part négocier une réforme profonde de la maison Belgique. D’ailleurs, cette logique fut proposée par Elio Di Rupo au tout début de sa mission de préformation.
D’ailleurs, cette logique fut toujours suivie dans notre pays sauf depuis le 13 juin dernier. Il a fallu 20 ans pour aboutir à la grande réforme de 1980 , il a fallu 10 ans pour celle de 1989 qui créa la région bruxelloise.Et pendant ce temps, plusieurs gouvernements, plusieurs majoritées différentes ont géré la Belgique.
Alors, je l’entends, certains fort de leur dogmatisme et de leur certitudes chevillées au corps tel la vérité révélée me diront « c’est impossible la NVA ne veut pas » ou encore « avec quelle majorité ». M’enfin, un gouvernement fédéral n’a besoin « que » d’une majorité simple. La NVA n’est pas le centre du monde ni le grand organisateur de l’univers politico-politique belge, et la NVA ne peut pas prendre la Belgique en otage encore plus longtemps. Une majorité fédérale sans eux est possible. Le courage voudrait que l’ensemble des formations politiques, notamment néerlandophones, bâtissent une coalisation sans ce parti.
Car, l’urgence est là : l’urgence budgétaire, l’urgence économique, l’urgence sociale, l’urgence pénitentiaire, l’urgence sécuritaire. Chaque jour nous sommes de plus en plus prêt du mur , le jour ou nous seront dos contre lui le chaos sera total. Et là, les mêmes « bons penseurs » atteint du syndrome de l’auto prophétie réalisatrice nous expliqueront qu’il fallait gouverner le pays parallèlement aux négociations institutionnelles.
Par ailleurs, sur le volet institutionnel, deux éléments essentiels doivent-être souligné. D’une part, il faut oser appliquer l’article 35 de la Constitution c’est-à-dire oser répondre à la question « que voulons nous, flamand et francophone, encore faire ensemble ». D’autre part, il faut que l’ensemble des partis démocratiques y soient associés.
Bref , le réalisme et le pragmatisme appelle à la formation d’une coalition gouvernementale. Rendez-vous compte après plus de 220 jours ont a toujours pas réussi à obtenir un accord institutionnel. Une fois acquis , il faudra encore négocier un accord de gouvernement, essentiellement sur le socio-économique. Et ce volet, beaucoup le prédisent encore plus difficile avec la NVA au sein d'une majorité de centre-gauche. Alors, ne perdons plus de temps.