UCLouvain : un projet à poursuivre et à réaliser

Publié le par Sébastien Delsanne

Et maintenant ? Voila la question que l’on est en droit de se poser après  « l’échec » du projet UCLouvain qui prévoyait la fusion des 4 universités catholiques francophones (UCL, FUSL,FUCAM, FUNDP). Plusieurs possibilités existent parmi lesquels  le « stand alone », une fusion à 3 , une fusion à 4 ou une fédération.

Le « stand alone » est de fait la situation actuelle dans laquelle se trouvent les 4 institutions. Ce n’est pas la meilleure, je dirai même que c’est la moins bonne des possibilités.

La fusion de 3 universités (UCL , FUSL, FUCAM) répondrait à une certaine logique et correspondrait à la volonté de ces institutions. Toutefois, elle ne pourrait se faire sans que le projet de l’UCLouvain , prévu pour 4, soit revu et adapté à cette nouvelle donne , tout en tachant de préserver les équilibres. Néanmoins, il n’est pas sur que les « petites » universités l’acceptent aussi facilement .

La création d’une fédération entre les 4 universités ne peut, quand à elle, être qu’une étape préalable à la création d’une université unique issue de la fusion des 4 universités catholiques actuelles.

Enfin , la fusion des « 4 » est et reste la meilleure des solutions. Mais l’on ne peut revenir devant les assemblées générales avec le même projet sans qu’aucune modification n’y ait été apportée. Et il faudra veiller à d’une part à conserver les équilibres du projet présenté et d’autre part à améliorer voir à simplifier le mode de gouvernance , complexe , de l’UCLouvain.  Mais ce mode complexe de gouvernance est le produit de la fusion. Et il y a fusion parce que les 4 universités sont sur un pied d’égalité alors qu’elles ne pèsent pas la même chose : les FUSL, FUCAM et FUNDP sont « surpesées » et l’UCL est « souspesée ». En effet, l’UCL pèse 80% du futur ensemble et les 3 autres universités pèsent 20%. Le fait même que chacune des universités est traitée de manière égale montre parfaitement qu’il s’agit d’une fusion et non d’une absorption de 3 universités par l’UCL.

Les FUSL n’auront aucun problème à tenir la tête hors de l’eau

En tout état de cause, en ce qui concerne les Facultés Universitaires Saint Louis, la situation est claire : elles ont l’ensemble des moyens et des outils pour vivre dignement seules. D’autres perspectives peuvent également s’ouvrir à elles , comme la « fusion » avec les Hautes écoles avec lesquelles des partenariats et associations existent. Dans ce cas, le nouvel ensemble représenterait au moins 20.000 étudiants , soit un poids équivalent à celui de l’UCL. D’ailleurs , ce projet avait été évoqué avant d’être mis au frigo pour  laisser place à l’UCLouvain.

Quand à la possibilité d’une fusion avec l’ULB , se serait une erreur dramatique car cela ne serait pas une fusion mais une absorption qui conduirait à la mort pure et simple de l’institution. En effet, la quasi-totalité de ses programmes est en concurrence avec l’offre de l’ULB.

L’UCLouvain doit se reprocher des étudiants et des personnels

L’une des principales critiques que l’on peut faire à l’excellent projet « UCLouvain » c’est qu’il est resté « l’objet » des recteurs et des conseils d’administrations. Par manque de communication, sans doute, celui-ci a très mal percolé dans l’ensemble des corps des universités concernés, ce qui a probablement créé des incompréhensions et des peurs. Il est particulièrement important , peu importe le projet que les universités catholiques auront dans le futur, que l’ensemble des acteurs se sentent partie prenante intégralement .

Une université forte adaptée au 21e siècle

Le monde du 21e siècle est et sera très différent de celui du 20e, il est et sera davantage multipolaire, et la concurrence du savoir et de la recherche sera importante. Il est donc crucial que nous adaptions nos structures pour pouvoir continuer à vivre, à former et à faire de la recherche. Il est tout aussi important de maximaliser l’utilisation de l’ensemble de nos moyens. Personne ne peut raisonnablement croire que l’on sera plus fort seul qu’ensemble, et le risque de perte d’indépendance ainsi que la peur de voir mourir l’esprit de chacune des universités n’ont  jamais été aussi grand que lorsque les universités (surtout les FUNDP, les FUCAM et les FUSL) sont seules. Au-delà de ces considérations , l’une des questions centrales pour l’avenir est de savoir si l’on s’ouvre au monde et alors on reste sur l’échiquier ou si l’on se recroqueville sur soi-même et alors on meurt.

Un rendez-vous avec l’histoire manqué

Les 4 universités catholiques francophones avaient rendez-vous avec l’histoire. Malheureusement, 3 d’entres-elles ont été au rendez-vous , une n’y était pas. Pour la première fois dans l’histoire de la Belgique, mais aussi et surtout du monde, des universités décidaient par  elles-mêmes de fusionner. La nouvelle université aurait alors été l’une des plus importantes universités francophones du monde mais aussi la première université francophone du pays, représentant à elle seule 42% des étudiants.

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Publié dans Various

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