Justice : a-t-on tiré les leçons de l'Affaire Dutroux?
La désormais "Affaire Michèle Martin" vient douloureusement mais dramatiquement souligner que depuis 15 ans , la Justice a peu, très peu même, été réformée . Au contraire de la Police.
L'affaire Dutroux aura conduit à 2 réformes: la création du Conseil Supérieur de la Justice et la mise en place de Tribunaux d'Application des Peines. Une troisième réforme, prise suite à des décisions de la Cour Européenne des Droits de l'Homme, à conduit les Cours d'Assises à motiver les jugements.
Ce bilan est bien maigre et est insuffisant. Il convient de faire plus, beaucoup plus.
Ainsi, un degré d'appel devrait être possible pour les décisions prises par les TAP de sorte que le Parquet (qui défend les intérêts de la société), les familles des victimes voire les condamnés puissent s'opposer à la décision initiale. Dans ce processus pouvant conduire à la libération conditionnelle, les victimes devraient être partieprenante, et non pas informées des décisions par la presse, ce qui est un scandale pur.
Le législateur devrait également réformer en profondeur la loi Lejeune, loi sur la libération conditionnelle pour porter pour les crimes jugés en Cour d'Assises à minimun 2/3 de la peine la possibilité de demander une libération conditionnelle ainsi que pour les crimes les plus graves (viole, pédophilie, meurtre de mineur, acte de barbarie) rendre impossible la remise en liberté avant que l'intégralité de la peine ne soit purgée.
Il faut également aller plus loin, pour les actes de barbarie et les crimes monstreux (comme ceux commis par Marc Dutroux et Michèle Martin, qui cela dit en passant à laisser mourrir de faim, de soif, et sans assistance deux petites filles appellées Julie et Mélissa pendant que son mari croupissait en prison), la société doit prévoir un mécanisme permettant à la Cour d'Assises de condamner les auteurs à la perpétuité réelle.
Notre assernale doit également prévoir un suivi psychatrique, psychologique et social à la sortie de prison, avec pour préalable la mise en place d'un plan de réinsertion (et de traitement pour les pédophiles et abuseurs sexuels nottament) dès la condamnation prononcée.
Enfin, certains s'étonne que la France par la voix de son Garde des Sceaux (et soutenu même à gauche par l'ancien Premier Ministre, Laurent Fabius) a annoncé son intention ferme de refuser la présence de Michèle Martin sur son sol. Rien d'étonnant à cela, dans le cadre actuel ce pays a été mis devant le fait accomplit. Il ne faut donc pas s'étonner de sa réaction. Heureusement, d'ici la fin de l'année , la législation européenne prévoira l'accord préalable du pays d'acceuil. Un petit progrès tout de même.