L'extrémisme change de visage , le danger est identique.

Publié le par Sébastien Delsanne

Le secret n’était pas difficile à deviner  , sans aucune surprise Marine Le Pen a succédé ce dimanche à son père à la tête du Front National.

 

Légitimée dans sa stratégie de dédiabolisation du mouvement, elle va à présent œuvrer (en vue de la présidentielle dans un premier temps) à transformer ce parti contestataire en un parti de gouvernement. Au contraire de son père qui ne voulait que la Présidence de la République, Marine veut conquérir le pouvoir.

 

Mais attention, la dangerosité du Front National n’est pas moindre parce qu’il est aujourd’hui incarné par le visage d’une femme !

 

Les ouvertures sur l’avortement ou la laïcité (au risque de mécontenté la franche ultra-catholique du FN)  ne sont qu’enrobages d’un programme et d’une idéologie qui n’ont pas changé d’un iota.

 

Dans son œuvre de dédiabolisation, Marine Le Pen est fortement aidée par le Président-Candidat Sarkozy qui en 2007 a siphonné les voix du FN mais ne l’a pas fait disparaitre, au contraire il l’a renforcé et légitimé une grande partie de son programme. Aujourd’hui, ceux qui avaient été tenté par la copie se retournent vers l’original. Dans cette course toujours plus droitière , 40% des militants UMP se déclarent près à faire alliance avec le parti frontiste :  terrible retournement de situation alors qu’en 2002 ce parti dirigé par Jacques Chirac s’était élevé contre Jean-Marie Le Pen.

Le danger ultime réside bien là : l’alliance avec le FN. Certes, l’UMP préférera faire alliance que de retourné dans l’opposition mais la France après près de 4 années de sarkozysme est déjà assez abimée que pour se permettre cette aventure politique catastrophique.

 

Alors dirons certains, faire alliance avec le FN c’est le meilleur moyen pour qu’il s’écroule, tel un château de cartes, sur lui-même. Prenant les expériences autrichiennes avec le FPO de Jorg Haïder ou l’expérience actuelle avec Geert Wilders aux Pays-Bas pour appuyer leur dire.  Comparaison n’est pas raison et une situation n’est pas l’autre. La politique n’est pas une science exacte, les comportements politiques non plus. D’ailleurs , l’on pourrait objecter le cas italien avec la Ligue du Nord alliée de tous les gouvernements Berlusconi et qui n’en a pas pour autant pali dans les urnes. Bien triste est la politique et bien moche est la démocratie quand l’on ne dispose plus que de ce moyen pour lutter contre l’extrême-droite.  


Il nous faut rester vigilent, parce l’extrême-droite se nourrit de la crise économique et sociale actuelle (comme le firent les partis extrémistes et totalitaires dans les années 30 en Allemagne, Italie ou Espagne) , parce que le nationalisme c’est la guerre , parce qu’un pays qui se replie sur soi est mourant, parce la France ne doit pas cesser de rayonner à travers le monde.

 

Vigilant vis-à-vis de tout les extrémismes (de plus en plus liés à un populisme nauséabonde) qu’il soit de droite avec Marine Le Pen ou de gauche avec Jean-Luc Mélanchon. Tout deux mettent en danger la France, tout deux se rejoignent notamment contre l’Europe, contre la mondialisation ou contre l’Euro. Notre devoir de citoyen, d’Homme libre est de leur faire barrage.

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Publié dans Ainsi va le monde

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