La mort annoncée d'un symbole empoisonné

Publié le par Sébastien Delsanne

Nous étions en 2007 et le 1er août , l'une des lois qui marqueront le quinquenat qui s'ouvre de Nicolas Sarkozy est définitivement adoptée: c'est la loi TEPA pour Travail , Emploi et Pouvoir d'Achat. Cette loi mettait nottament en oeuvre la fameuse promesse du candidat devenu Président "ne pas payer plus de 50% de ce que l'on gagne": le bouclier fiscal  à 50% incluant la CRDS et la CSG était né.

 

Nous étions au temps de la croissance , de l'expansion économique. Peu de voix y trouvaient à redire.

 

La mayonnaise commence à mal tourné quelques mois plus tard, avec la crise financière mondiale qui rapidement touche l'économie réelle. La croissance s'efface pour la récession économique, l'augmentation du taux de chômage, et toutes les mauvaises nouvelles qui vont avec.

 

La gauche crie de plus en plus en l'injstice fiscale mais rien ne bouge. Nicolas Sarkozy croit en une sortie de crise rapide qui permettrait à son bouclier de rebriller de mille et un feux. Mais ca n'arrivera pas. On s'enlise dans la crise et cette mesure devient de plus en plus impopulaire et le symbole devient une tache noire indélébile du quinquénat L'affaire Woerth-Bettancourt, qui est à Sarkozy l'affaire Bokasa à Giscard, aura finit d'assassiner ce symbole d'injustice.

 

A quelques jours du remaniement gouvernemental, après que François Fillon eu lancé l'idée et après que des députés de sa majorité eu signé un amendement le supprimant ainsi que l'ISF, Nicolas Sarkozy annonce une réforme fiscale pour le printemps 2011.

 

Il donne ainsi un signe de "rupture" avec sa "rupture" imposée par la crise, d'un changement de cap que son nouveau gouvernement devrait conduire.

 

Sarkozy a finalement compris qu'il lui était impossible de gagner la prochaine présidentielle avec cette mesure en vigueur. Il a renoncer à faire de la réforme fiscale un thème de sa prochaine campagne . Il faut agir avant pour tenter d'inverser une tendance qui lui est jour après jour de plus en plus défavorable. En annoncant cette réforme, il prend tout le monde de court, la gauche en premier et montre que malgré une impopularité forte il reste maitre du calendrier. Le moment choisit n'est pas non plus improvisé, c'est le jour de la super manifestation contre la réforme des retraites, il dresse ainsi un écran de fumé tentant d'attirer l'attention sur autre chose et montre qu'il est déjà dans l'après réforme des retraites.

 

Au printemps l'on devrait donc assister à la mort du bouclier fiscal et de l'ISF pour une meilleure convergence fiscale avec l'Allemagne ou n'y l'un ni l'autre n'existe. Mais fallait-il attendre la crise pour comprendre que dans une zone monétaire commune il fallait une forte convergence fiscale pour résister au changement du centre de gravité du monde ?

 

 

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Publié dans Politique

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