Quand Chirac flingue Sarkozy
Une petite phrase de l’ancien Chef de l’Etat et voilà que la sphère politico-médiatique française s’affole.
Il est vrai qu’elle n’est pas anodine, c’est une boutade corrézienne qui n’est absolument pas dénuée de sens et de fond.
Lors de sa visite au Musée Chirac en présence du Président de la Région et candidat à la primaire socialiste, l’ancien Président a lancé et répété pour être sur qu’on le comprenne qu’il « voterai Hollande sauf si Juppé se présente ». La bombe était jetée.
Jacques Chirac a toute sa tête et il est dorénavant libre , alors il dit ce qu’il pense quand il le veut et quand il le juge utile.
Sa déclaration est à prendre et à analyser dans son intégralité. Le premier choix de Chirac, son choix de cœur c’est Alain Juppé, l’actuel Ministre d’Etat , Ministre des Affaires étrangères et européennes. Mais sa candidature à l’Elysée en 2012 est un doux rêve, quasi impossible sauf si Nicolas Sarkozy ne se présentait pas, ce qui est peu probable. Alors l’ancien Président apporte son soutien à François Hollande a qui il a décerné le brevet « d’Homme d’Etat » dans le second tome de ses mémoires.
En réalité, l’ancien locataire de l’Elysée et fondateur de l’UMP dit tout haut ce que beaucoup, et de plus en plus, au sein du parti majoritaire et plus largement au sein de la droite pense.
Cette affirmation est un nouveau révélateur du malaise de plus en plus profond au sein de l’UMP. Il y a 5 ans, ce parti faisait vivre en son sein de nombreuses tendances, diverses sensibilités alors qu’aujourd’hui il s’est refermé sur la droite dur et s’est ouvert vers l’extrême droite et le populisme. Pas étonnant dès lors que de plus en plus de monde ne s’y sente plus à l’aise.
Si l’on rajoute à cela, l’impression grandissante au sein des députés UMP que Nicolas Sarkozy n’est plus en mesure de remporter la prochaine présidentielle et qu’il leur fera perdre leur siège alors on comprend mieux le contexte dans lequel l’ancien Président a lâché sa bombe.
Jacques Chirac, qui ne partage absolument pas la vision de France de Nicolas Sarkozy , est probablement plus proche d’un Hollande que du Président actuel. Alors il le dit, et ça lui fait plaisir.
Malgré son âge avancé, il n’a rien perdu de son talent et ses dents ne sont pas moins aiguisées aujourd’hui qu’hier. Déjà en 1981, il avait contribué fortement à la défaite de Giscard d’Estaing…
La véritable cible de cette petite phrase c’est Nicolas Sarkozy, il est flingué à découvert comme il aime tant le faire. Le mentor à rappeler à l’élève de quelle trempe il était.