On ne s'attaque pas aux symboles
Proposer juste après la fin du défilé du 14 juillet sa suppression est de la part d’Eva Joly une erreur gravissime et une faute politique profonde. L’on ne s’attaque pas aux symboles de la nation surtout en tant de crises.
C’est avant tout une faute de jugement dû à une certaine ignorance de la valeur symbolique et du poids historique que le défilé du 14 juillet a acquis depuis sa création au début de la 3e République et qui se déroule sous la forme que l’on connait depuis le défilé de la victoire en 1919.
Ce défilé est tout sauf une démonstration de la puissance militaire de la France. C’est un témoignage de la nation reconnaissante à ses troupes qui, au péril de leur vie, protège et défend le territoire national ainsi que ses intérêts.
Ainsi, bon nombre des militaires ayant défilé cette année sur les Champs Elysées revenaient du théâtre Afghan, Libyen ou de Côte d’Ivoire.
Cette proposition était encore plus débile car elle ne prend pas en compte l’élément sentimentale qu’entretienne les français avec leur force militaire ni le choc provoqué par la mort de 6 jeunes soldats la veille, victime d’un attentat suicide dans la province de Kapisa.
Si l’on peut éventuellement songer à moderniser ou à améliorer cette cérémonie, le moment et la formulation étaient plus que mal choisies. Dans tous les cas ce n’est pas une priorité et ce n’est pas ce que les français attendent d’un candidat à l’Elysée dans cette période particulièrement grave.
Quant à la réaction de François Fillon, celle-ci était déplacée et inconvenante. On n’apporte pas comme réponse à un adversaire politique une attaque sur un élément constitutif de sa personnalité, de son être. C’est un terrain sur lequel les politiques ne doivent pas aller, une campagne électorale ne doit pas être une bataille de personne, d’identité mais de projets et d’idées.