DSK, ou le reveil du "délit de sale gueule"

Publié le par Sébastien Delsanne

L’affaire DSK aura au moins eu le mérite de nous avoir appris à mieux connaitre le système judiciaire américain et son fonctionnement. Par effet miroir, cette affaire nous aura permis de porter un jugement plus positif sur notre institution judiciaire pourtant si souvent décriée.

« Le respect de la présomption d’innocence » est brandi en début de chaque argumentation. Mais le rappelez en permanence (tout comme le statut de présumée victime qu’a droit la plaignante) est une chose utile et nécessaire. Mais il ne suffit pas de le rappeler en début d’intervention pour pouvoir tout dire après. Il faut l’appliquer en tout temps , en tous points. Cela doit-être une dimension coextensive de nos propos comme de la réalité car il s’agit à cet égard de respecter les droits inaliénables de l’humain et d’adopter une attitude éthico-morale irréprochable.

Depuis plus de 50 ans, et au moins depuis mai 68 , les mouvements féministes ont permis de tendre de manière significative et tangible vers une égalité réelle entre les hommes et les femmes. Néanmoins, il faudrait encore que l’on qualifie des comportements identiques de la même manière, quel qu’en soit le sexe de son auteur.

Par exemple, une femme qui « aime les hommes » , qui les séduits à tour de bras, est au pire une salope au mieux ne croqueuse d’hommes. Parfois même, il arrive que l’on dise qu’elle est ambitieuse, qu’elle sait où elle veut aller. Tandis qu’un homme ayant un comportement similaire voire identique est traiter soit de pervers, soit d’obséder ou d’harceleur sexuel. Cette différence de traitement est purement et simplement scandaleuse.

D’ailleurs, n’oublions pas que le harcèlement sexuel peut aller dans les deux sens et n’est pas uniquement le fait d’un homme « coupable » et d’une femme « victime » comme cela est souvent automatiquement déduit.

Sur ce point, j’ajoute qu’il est curieux voir assez malsain de voir aujourd’hui tout une série de personnes qui déclare avec aisance , comme le  fit d’ailleurs Marine Le Pen dès le dimanche 15 mai 2011, que « tout le monde » savait les penchants pathologiques (encore un autre mot bien présent dans la rhétorique de la Présidente du Front Nationale) et les comportements déviants du point de vue sexuel de Dominique Strauss Kahn. Mais pourquoi n’avoir rien dit avant ? Pourquoi s’être abstenu de le dire ? Seules exceptions à cette loi du silence que personne n’a visiblement voulu rompre avant de voir DSK menotté : le magazine « L’Express » et Jean Quatremer.

On nous parle même de victimes, nombreuses, ayant subis du harcèlement sexuel de la part de DSK. Mais où sont-elles ? Qui sont-elles ? Ah, il y a le cas de la courageuse victime présumée de 2002 qui après avoir révélé son histoire a refusé de porter plainte en France et a même refuser de venir témoigner au procès de DSK aux Etats-Unis. Faut-il vraiment accorder du crédit à de tel propos ? Pour ma part, je ne le crois pas.

Faisons bien attention à ne pas tomber dans le délit de sale gueule, dans le procès de mauvaises intentions dont RIEN ne vient prouver de manière tangible les dires des nombreux procureurs. Je sais, en disant cela, je vais me faire traiter de macho primaire et conservateur, ce que je ne suis absolument pas. La réalité est ce qu’elle est, des accusations peuvent être portées et il faut des preuves pour les soutenir. Alors oui c’est une mode de bruler ce que l’on a aimé, mais cette mode la ne compter pas sur moi pour la suivre, ni pour penser de manière politico-médiatiquement correcte.

Un argument avancé pour expliquer le silence des femmes présumées victime de l’ancien patron du FMI est qu’elles savaientt qui il était, de l’immunité qu’il avait et qui se transformait vu sa stature en imputé. On ajoute même que la femme de chambre du Sofitel ne savait pas qui il était. Cette argumentation ne tient pas un instant la route.

En effet, la France n’est pas une République bananière où les  Hommes de pouvoir bénéficient d’une immunité totale. Ensuite, même si la femme de chambre ne savait pas précisément l’identité de son agresseur présumé elle savait que ce n’était pas n’importe qui , que c’était une personnalité importante qui y séjournait car toutes les locataires de ces suites le sont ! Elle savait aussi , que son agresseur présumé aurait les moyens nécessaire pour se défendre. Dire cela n'est pas renier la présomption de victime dont cette femme a droit, c'est simplement préciser une réalité.

Il convient d’être prudent, de ne pas se laisser aller à des procès d’intention mais il faut respecter la médiété des choses, laisser la justice américaine faire son œuvre, dire la vérité.

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Publié dans Présidentielles 2012

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A
<br /> Personne ne dit qu'il était coupable il y a 10 ans ! Et il me semble avoir déjà plusieurs fois insisté sur le fait qu'entre des faits (possibles) de harcèlement et un viol (présumé), il a un<br /> gouffre, et un pas qui n'est pas automatiquement franchi (et donc imprévisible). Sur les nuances entre "séduction" et "harcèlement", je me suis déjà largement et clairement exprimée, et bon, là<br /> j'en ai un peu marre de me répéter ...<br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> J'ai omis de préciser que ce n'était pas une réponse à ton dernier commentaire mais un complément d'information que je trouvais bien pour l'article....<br /> <br /> <br /> Je sais ce que tu as dit ! Et je ne remets pas cela en doute!<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Et alors ? Je ne faisais que préciser la procédure en vigueur ...<br /> <br /> Mais là on entre dans les questions de fric, l'accusé qui a le droit de s'offrir la meilleure défense peut aussi les meilleurs pourris afin d'enquêter pour lui. Alors que la plupart du temps, les<br /> accusés pauvres sont condamnés faute de défense adéquate, puisque le ministère public instruit uniquement à charge. Il en résulte que la plupart du temps, les droits de la victime sont mieux<br /> préservés aux Etats-Unis. Dans ce cas-ci, le calvaire attendu de la victime n'est pas lié au système américain, mais au fait qu'elle doit faire face à une sacré puissance financière.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> " Je trouve, qu'en France, le débat à l'occasion de l'affaire Strauss-Kahn est en train de dériver complètement sur la vie privée des gens, sur les journalistes ou les Hommes politique. Sur ce<br /> qu'ils doivent dire du petit milieu qu'ils fréquentent.<br /> <br /> <br /> Là on parle d'un fait divers, on parle de quelqu'un qui a un comportement criminel présumé. Ca n'a absolument rien à voir avec un homme ou une femme politique qui couche tout les soirs avec un<br /> partenaire différent.<br /> <br /> <br /> Il faut que l'on arrête! Chaque fait divers à sa singularité, ce n'est pas pour cela que l'on était capable il y a 10 ans, il y a un dans de dire : c'est un criminel sexuel en puissance."<br /> <br /> <br /> Yves Thréard - Directeur adjoint de la rédaction du Figaro<br /> "Face aux Francçais" 25 mai 2011<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Non, c'est toi qui es bouché m'fi ! Relis ce que tu viens d'écrire : d'ANCIENS procureurs fédéraux ! Ce ne sont donc pas les procureurs fédéraux, ils ne sont plus en fonction pour le ministère<br /> public. Et tu le dis toi-même : LA DEFENSE a chargé ces personnes d'enquêter sur la présumée victime. C'est donc bien ce que je disais : la défense menée par les avocats enquête à charge de la<br /> victime, quant au ministère public, il instruit à charge de l'accusé.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> J'ai tjr écrit d'ancien!!!!!!! ca veut en dire long sur les dents qu'ils ont!<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Non, non les procureurs fédéraux ne sont pas chargés de la défense, ce sont les avocats qui sont chargés de la défense. Les procureurs fédéraux instruisent le dossier à charge uniquement. Et son<br /> anonymat est garanti par la loi.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> Marie tu es bouchée ou quoi :<br /> <br /> <br /> l'annonce de la société qui s'occupe d'enqueter pour la défense a mentionner que d'ANCIENS procureurs fédéraux travaillaient pour elle et d'ANCIENS du FBI!!! Ils sont chargés de mener la contre<br /> enquete<br /> <br /> <br /> comme ils sont ANCIENS ils ne sont plus en fonction!<br /> <br /> <br /> <br />
A
<br /> Ceux qui enquêtent sur la victime présumée, ce sont les avocats de la défense, conformément à la procédure américaine. Les procureurs font un travail exclusivement à charge, ils ne sont mêmes pas<br /> tenus de livrer des éléments qui iraient à la décharge de l'accusé.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> on est d'accord<br /> <br /> <br /> j'ai dit "d'anciens procureurs fédéraux" qui travaillent au service de la défense!!!<br /> <br /> <br /> Elle va vivre un calvaire judiciaire au procès ... ce qui n'arriverait pas en France , par exemple<br /> <br /> <br /> <br />