DSK, ou le reveil du "délit de sale gueule"
L’affaire DSK aura au moins eu le mérite de nous avoir appris à mieux connaitre le système judiciaire américain et son fonctionnement. Par effet miroir, cette affaire nous aura permis de porter un jugement plus positif sur notre institution judiciaire pourtant si souvent décriée.
« Le respect de la présomption d’innocence » est brandi en début de chaque argumentation. Mais le rappelez en permanence (tout comme le statut de présumée victime qu’a droit la plaignante) est une chose utile et nécessaire. Mais il ne suffit pas de le rappeler en début d’intervention pour pouvoir tout dire après. Il faut l’appliquer en tout temps , en tous points. Cela doit-être une dimension coextensive de nos propos comme de la réalité car il s’agit à cet égard de respecter les droits inaliénables de l’humain et d’adopter une attitude éthico-morale irréprochable.
Depuis plus de 50 ans, et au moins depuis mai 68 , les mouvements féministes ont permis de tendre de manière significative et tangible vers une égalité réelle entre les hommes et les femmes. Néanmoins, il faudrait encore que l’on qualifie des comportements identiques de la même manière, quel qu’en soit le sexe de son auteur.
Par exemple, une femme qui « aime les hommes » , qui les séduits à tour de bras, est au pire une salope au mieux ne croqueuse d’hommes. Parfois même, il arrive que l’on dise qu’elle est ambitieuse, qu’elle sait où elle veut aller. Tandis qu’un homme ayant un comportement similaire voire identique est traiter soit de pervers, soit d’obséder ou d’harceleur sexuel. Cette différence de traitement est purement et simplement scandaleuse.
D’ailleurs, n’oublions pas que le harcèlement sexuel peut aller dans les deux sens et n’est pas uniquement le fait d’un homme « coupable » et d’une femme « victime » comme cela est souvent automatiquement déduit.
Sur ce point, j’ajoute qu’il est curieux voir assez malsain de voir aujourd’hui tout une série de personnes qui déclare avec aisance , comme le fit d’ailleurs Marine Le Pen dès le dimanche 15 mai 2011, que « tout le monde » savait les penchants pathologiques (encore un autre mot bien présent dans la rhétorique de la Présidente du Front Nationale) et les comportements déviants du point de vue sexuel de Dominique Strauss Kahn. Mais pourquoi n’avoir rien dit avant ? Pourquoi s’être abstenu de le dire ? Seules exceptions à cette loi du silence que personne n’a visiblement voulu rompre avant de voir DSK menotté : le magazine « L’Express » et Jean Quatremer.
On nous parle même de victimes, nombreuses, ayant subis du harcèlement sexuel de la part de DSK. Mais où sont-elles ? Qui sont-elles ? Ah, il y a le cas de la courageuse victime présumée de 2002 qui après avoir révélé son histoire a refusé de porter plainte en France et a même refuser de venir témoigner au procès de DSK aux Etats-Unis. Faut-il vraiment accorder du crédit à de tel propos ? Pour ma part, je ne le crois pas.
Faisons bien attention à ne pas tomber dans le délit de sale gueule, dans le procès de mauvaises intentions dont RIEN ne vient prouver de manière tangible les dires des nombreux procureurs. Je sais, en disant cela, je vais me faire traiter de macho primaire et conservateur, ce que je ne suis absolument pas. La réalité est ce qu’elle est, des accusations peuvent être portées et il faut des preuves pour les soutenir. Alors oui c’est une mode de bruler ce que l’on a aimé, mais cette mode la ne compter pas sur moi pour la suivre, ni pour penser de manière politico-médiatiquement correcte.
Un argument avancé pour expliquer le silence des femmes présumées victime de l’ancien patron du FMI est qu’elles savaientt qui il était, de l’immunité qu’il avait et qui se transformait vu sa stature en imputé. On ajoute même que la femme de chambre du Sofitel ne savait pas qui il était. Cette argumentation ne tient pas un instant la route.
En effet, la France n’est pas une République bananière où les Hommes de pouvoir bénéficient d’une immunité totale. Ensuite, même si la femme de chambre ne savait pas précisément l’identité de son agresseur présumé elle savait que ce n’était pas n’importe qui , que c’était une personnalité importante qui y séjournait car toutes les locataires de ces suites le sont ! Elle savait aussi , que son agresseur présumé aurait les moyens nécessaire pour se défendre. Dire cela n'est pas renier la présomption de victime dont cette femme a droit, c'est simplement préciser une réalité.
Il convient d’être prudent, de ne pas se laisser aller à des procès d’intention mais il faut respecter la médiété des choses, laisser la justice américaine faire son œuvre, dire la vérité.