Tahir
Hier soir, après l’annonce de la démission d’Hosni Moubarrack , la foule scandait dans l’hilarité « Egypte Libre » générale sur la place Tahir cœur de la révolution égyptienne. A Tunis, sur l’avenue Burguiba ou moins d’un mois plutôt le peuple avait fait tomber le régime Ben-Ali , les tunisiens faisait la fête aux cris de « Oh peuple égyptienne que tu es grand ». Le printemps de la démocratie à fait tomber une nouvelle dictature du monde arabe , et la question sur toutes les lèvres était dès hier soir « Who’s Next ? » : l’Algérie peut-être ou des manifestants ont forcés les cordons de sécurités pour manifester à Alger ou Oran dès ce samedi ou alors la Libye ou la Syrie ? L’avenir nous le dira.
Revenons sur cet évènement historique qui c’est produit hier soir. La République de Tahir a fait tomber le régime autoritaire de Moubbarack : la liberté et la démocratie sont à présent, tout comme en Tunisie, les enfants de la révolution. L’important est maintenant de voir comment, à court terme bien sûr, mais surtout à moyen et long terme ces enfants vont grandir, évoluer.
Il est navrant de déjà entendre certaines robinsonnades française sur le scandale que constituerait la relative proximité , le soutien ou l’amitié qu’ont pu avoir les responsables politiques avec ces régimes déchus. C’est autocritique flagellatrice nauséabonde est indigne. Si, ce que nous appelons démocraties occidentales, devaient ne parler qu’à des pays que nous qualifions de démocratique alors nous ne parlerions plus à grand monde. Mais est-il plus décent que des millions de touristes (journalistes y compris même s’ils l’oublient souvent) vont se dorer la pilule sur les plages de pays dictatoriaux ? Est-il plus décent d’acheter en masse des produits fabriqués dans des pays où les conditions sociales sont misérables ?
Tahir est donc libre mais faut-il avoir peur ? Peur de l’islamisme ? Peur des Frères Musulmans ? Je dirai d’abord qu’il faut respecter le choix et la volonté du peuple égyptien dans son choix de ses représentants. Ensuite, la révolution égyptienne n’est pas la révolution iranienne , elle ne porte pas la volonté de porter sur les fonds baptismaux une république islamique qui serait d’ailleurs le contraire de l’essence même de cette révolution et ensuite , les Frères Musulmans sont certes le seul parti (à l’exception du PND , parti du pouvoir) structuré du pays mais dès le début de la révolution ils ont annoncé qu’ils ne présenteraient aucun candidat à la présidentielle ni aux législatives.