Unbelievable

Publié le par Sébastien Delsanne

Vendredi 22 juillet 2011. Oslo. Journée tranquille d’un mois de juillet banal. Quand tout à coup la folie humaine se manifesta à nouveau faisant, selon le bilan actualisé, 93 morts et 97 blessés. Une explosion dans le centre de la capitale de ce petit royaume de 5 millions d’habitants suivit d’une tuerie barbare et mécaniques de jeunes réunis sur l’île d’Utoeya  qui dura 90 minutes et la réalité a basculé dans l’horreur, dans l’inimaginable, dans une dimension que l’entendement peine à concevoir. Unbelievable.

De tels actes, d’une atrocité telle, ne peuvent laisser personnes indifférents. C’est une catastrophe dont l’auteur est un norvégien de 35 ans qui avait préparé son forfait depuis 2009 et avait publié un manifeste de 1500 pages où il s’en prenait tour à tour au multiculturalisme, à l’islam, aux musulmans. Réputé proche de l’extrême droite et fervent catholique, il y faisait également mention de partis nationalistes tels la N.VA.

Pour la première fois, un pays occidental est frappé par un acte terroriste venu de son plus profond intérieur.  C’est encore plus blessant et probablement très peu imaginable.

Cette tragédie fait voler en éclat l’idée (devenue pensée unique depuis le 11 septembre 2001) que le fanatisme et l’intégrisme religieux n’était qu’islamique. C’est un effet collatéral qui démontre que toute religion poussée à son extrême, dans sa plus profonde radicalité, peut conduire aux pires horreurs, peut faire jaillir de l’homme le plus mauvais de lui-même et ce au nom d’une idée religieuse supposée supérieure. Cela passe bien entendu par l’intolérance, le refus de l’autre dans sa différence ;  ce qui est aussi une marque de l’extrême droite dont avait fait partie Anders Behring Breinik.

Comme l’affirme le célèbre politologue italien, Norberto Bobbio, les extrêmes se rejoignent . Dans le cas présent, l’extrémisme religieux et l’extrémisme de droite se sont rejoint, se sont compléter, se sont quasiment alliés dans la tête de ce terroriste. Ce n’est pas une première. Mais cela n’en demeure pas  moins préoccupant et dangereux.

Au moment où la Norvège rend hommage à ses morts, les polémiques se font déjà vives. Comment les services secrets sont-ils passés à côté de pareilles menaces ? Pourquoi, pour pareilles crimes, ne rétablit-on pas la peine de mort alors que la peine maximale prévue dans le code pénal est de 21 ans ?

Quand la douleur est vive, quand le choc est important, de telles polémiques sont quasiment inévitables. Il faut trouver un coupable, des responsables et ce au-delà du présumé coupable (car plus personne ne le croit innocent). Il convient néanmoins de garder son sang-froid, d’éviter d’apporter des réponses à l’emporte-pièce.

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Publié dans Politique

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P
<br /> La peine de mort n'est-elle pas un chatiment trop facile tant pour nous que pour le tueur ?<br /> <br /> <br />
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