Chiraquisation de Sarkozy et cap sur 2012
Deux éléments sont frappants dans l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy de ce mardi : sa présidentialisation qui transperce de son ton posé et sa chiraquisation (tant dans sa politique que dans l’équipe Fillon III).
On reste toutefois sur sa fin . Premièrement, Nicolas Sarkozy a plus parlé de lui et du passé que de la France et des préoccupations des français, reconnaissant au passage s’être trompé sur la création en 2007 du Ministère de l’Immigration et de l’Identité Nationale ainsi que sur le débat organisé fin 2009-début 2010 sur l’identité Nationale.
Deuxièmement, sur l’emploi et le chômage. 3 minutes sur une heure trente consacrée à ce domaine alors que c’est la préoccupation numéro une des français pour annoncer 2 mesurettes , c’est assez maigre.
Troisièmement, le temps beaucoup trop long passé à parler de ce qui intéresse les journalistes mais dont les français se fichent comme de l’an 40 : les ordinateurs volés à des journalistes, d’éventuelles écoutes téléphoniques par le contre-espionnage français, sur les roms et la commission européenne, …
Quatrièmement, au moment ou la France prend la tête du G20 et dans une période de guerre monétaire mondiale , Nicolas Sarkozy à parler peu , de manière peu concrète alors que c’est un problème majeure du monde aux conséquences très importantes pour l’Europe et singulièrement pour la France.
Cinquièmement, rien sur le pouvoir d’achat, rien sur la tension sociale en France, rien sur la précarité, rien sur l’environnement .
Le Président a bien annoncé quelques réformes : celle de la dépendance, celle de la fiscalité (avec la suppression de l’ISF et du bouclier fiscal avec comme contrepartie la création d’un nouvel impôt sur le patrimoine) , celle de la justice (avec la présence d’un jury populaire dans les tribunaux d’application des peines pour les condamnés de la Cour d’Assises ainsi que dans les tribunaux correctionnels pour les crimes les plus graves, mesure fortement contestable notamment sur le second volet) mais rien de bien nouveau à l’horizon.
Reste que l’impression générale qui ressort de cette intervention est un Président replié sur lui-même et coupé des préoccupations des français.
Mais l’enseignement principal du début de cette nouvelle séquence politique c’est que Nicolas Sarkozy en remanient son gouvernement et nommant Jean-François Copé à la tête de l’UMP à mis la droite en ordre de bataille pour la présidentielle de 2012 pour laquelle, même s’il dit ne pas encore avoir pris sa décision, il sera candidat. Et là , il prend une très grande longueur d’avance sur la gauche.