Cirque politique Belge ... ouvert : les marchés n'attendent pas!
Quel cirque désespérant ! Si d’habitude aller au cirque c’est l’assurance de passer un bon moment, le cirque politique belge est à pleurer de tout sauf de joie.
Alors que depuis près d’un an tous les gouvernements du monde , et singulièrement ceux de l’Union Européenne et en particulier de la zone euro, s’attèlent avec forces et vigueur à réduire les déficits budgétaires, notre pays est au stade zéro , nos politiques en sommes.
L’attitude face à la demande formulée par Johan Vande Lanotte , dont il faut saluer le courage et la qualité de l’immense travail accompli, du CD&V et de la NVA est consternante. Pas grand-chose d’étonnant dans le chef de la NVA mais une énorme surprise négative pour le CD&V. Ce parti n’est plus ! Il n’est plus un grand parti démocratique privilégiant l’intérêt général . Il n’est plus (comme ce fut le cas lors des 5 dernières grandes réformes de l’Etat) un parti qui connait la signification du mot compromis. Atterré par les évènements de 2007 et par sa débâcle électorale en juin dernier, jamais remis de l’explosion du cartel avec la NVA , sans grand projet à part celui de se coller comme un frère siamois attaché par la tête aux nationalistes flamands : il n’a pas osé dire oui , sans doute pour protéger un peu la NVA. Deux grandes leçons peuvent-être tirée de l’attitude du CD&V : d’une part, la réforme de l’état ne doit pas être à leur yeux un compromis mais une copie conforme de leur programme et d’autre part que le patron du parti chrétien démocrate flamand n’est pas Wauter Beke mais Bart De Wever .
Que dire alors de « l’ouverture » du PS au MR (soit la même pièce qu’en décembre 2007 mais à l’envers) ? Cela ne changera rien parce que le problème du blocage total n’est pas dans le « camp » francophone mais dans celui des néerlandophones avec la question suivante en leitmotiv « voulons nous un compromis ? » . Certes, au moment où d’importants transferts de compétences du fédéral vers les entités fédérés , il sera plus normal d’avoir l’ensemble des formations politiques au sein des exécutifs concernés. Mais on en est pas là ! De plus, l’on peut se demander si la table des négociations résistera longtemps à la présence de De Wever et de Maingain. Cela risque de compliquer un peu plus la situation qui n’en a vraiment pas besoin.
Par contre, un changement de méthode est probablement la seule solution crédible pour tenter de débloquer une situation plus que jamais bloquée. Et pour cela, il conviendrait d’appliquer l’article 35 de la Constitution et de ce demander ce que l’on veut encore faire ensemble plutôt que de détricoter par lambeaux de compétences l’Etat fédéral.
En tout état de cause , l’urgence n’est pas là . Elle se situe au niveau socio-économique et budgétaire. Un gouvernement fédéral de plein exercice est plus que jamais urgent. Les négociations institutionnelles pouvant être menée sur le coté.
Alors, pourquoi pas : Di Rupo qui s’occuperait du socio-économique et Bart qui s’attèlerait à l’institutionnelle. Albert II nous enverra lundi un premier signal , le week-end lui apportera peut être à nouveau un peu de créativité, attendons … ! Sauf que les marchés n’attendent pas !