Le Discours d'un Roi (en colère)

Publié le par Sébastien Delsanne

C’est une intervention traditionnelle mais pour autant cette fois ci elle fut inhabituelle. Après 401 jours de crise politique, la plus longue de l’histoire non seulement de la Belgique mais du monde, le Roi Albert II s’est montré très ferme dans les mots et dans les gestes, ceux-ci sont vigoureux.

Le souverain utilise publiquement, ce qui est inédit, son droit de mettre en garde et il le fait « fortement et avec conviction » pour d’abord se dire « comme un très grand nombre de Belges » « affliger » de la situation avant de craindre publiquement le risque de voir se « développer une forme de poujadisme qui est dangereuse et néfaste pour la démocratie ».

C’est avec de la colère dans la voix qu’il rappelle fermement « les risques qu’une longue crise politique fait courir à tous les Belges » avant d’exhorter les responsables politiques à « trouver rapidement une solution équilibrée à nos problèmes » de à qui il reproche de ne pas apporter « de solution aux problèmes ».

Il rappelle enfin ses propos tenus dans son discours de Noël 2010 qui veut que  « dans la recherche de cet accord raisonnable il est évident que chaque partie devra faire des concessions. Chacun aura donc l’obligation de prendre ses responsabilités » avant de souligner une nouvelle fois et avec force que « le moment est venu où le vrai courage consiste à chercher fermement le compromis qui rassemble, et non à exacerber les oppositions ».

La mise en garde est exceptionnelle et relève d’un caractère inédit dans l’histoire de notre pays en temps de paix. Elle est ferme et solennelle. Le souverain joue parfaitement son rôle et sonne la fin de la récréation du monde politique. Puisse-t-on espérer qu’il soit entendu.

En tout état de cause, c’est le discours le plus ferme et le plus difficile qu’il eut a prononcer depuis son intronisation en 1993.

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Publié dans La crise belge

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