Sauvée
« La Belgique est-elle sauvée ? » c’est la question que se posait ce dimanche le journal français Libération au lendemain de l’accord institutionnel conclu entre francophones et flamands.
La question est judicieuse notre pays étant en train de sortir de l’ornière dans laquelle il était tombé depuis les élections fédérales de 2007 et qui s’était approfondie depuis les élections anticipées de juin 2010. Il aura donc fallu beaucoup plus que 482 jours pour y arriver.
Certes, sous la houlette d’Elio Di Rupo, les 8 partis engagés dans les négociations, sont parvenus à s’accorder et de surcroit sur des points essentiels qui pourrissaient la vie politique de notre pays depuis 4 décennies, comme BHV électoral et judiciaire ainsi que sur des dossiers extrêmement important comme la réforme de la loi spéciale de financement tout en évitant certaines aberrations incompréhensibles comme la régionalisation du code de la route comme le réclamait le CD&V.
Il faut maintenant attendre mardi 11h00 pour s’exprimer davantage sur le contenu même de cette 6e réforme de l’Etat en … 40 ans soit plus d’une toute les décennies.
En termes des montants transférés de l’Etat fédéral aux entités fédérées elle est la plus grande réforme de l’état de l’histoire de ce pays. Mais n’oublions pas deux autres réformes majeures : celle de 1970 qui mis en place les communautés et régions et celle de 1993 qui transforma notre état unitaire déconcentré en un état fédéral déconcentré.
En est-on cette fois quitte ? La Belgique est-elle sauvée ? Difficile à dire. En tout cas , à court terme le pays sort de la tête de l’eau mais rien n’indique pour autant qu’il est définitivement sauvé. Tout dépendra principalement de l’importance qu’auront dans les années futures les nationalistes flamands. En tout état de cause, cette réforme ne sera pas la dernière , la Belgique étant un chantier permanent. C’est d’ailleurs pour cela que ce pays tient.
Notons également que la crise belge n’est pas seulement politique elle est aussi identitaire et nationale et que certes l’accord institutionnel actuel est un pas décisif pour une sortie des crises mais qu’il reste de nombreux pas à faire et cela de chaque côté de la frontière linguistique pendant des années encore. C’est aussi à ce prix que nous sauverons notre état.