L'inacceptable traitement choc de la N.VA : où pourquoi les progressistes doivent dire NON!

Publié le par Sébastien Delsanne

 La Belgique fédérale est entrée dans la phase de « formation » du gouvernement fédéral après an sans gouvernement. A priori c’est une bonne chose. D’aucuns diront même qu’il était temps. On ne peut leur donner tort. Au menu, l’entrée n’est pas le communautaire mais le socio-économique et le budget. Et là beaucoup ont pensé « ca va aller mieux, plus vite ». Cela n’est point évident, ni acquis.

Car les propositions de la NV.A et de son Empereur de Flandre Bart de Wever sont tout bonnement inacceptables ! Elles sont incompatibles avec des valeurs, qui me sont par ailleurs très chers : le progrès, la justice sociale, l’équité, l’égalité, la solidarité.

Nous ne pouvons accepter la régression sociale. Le progressistes ne peuvent accepter, de former et de faire partie d’un gouvernement qui va saigner à blanc la population belge comme l’on a saigner violement la population grecque. Ils ne peuvent accepter, nous ne pouvons accepter, que l’on touche brutalement à notre modèle social, que l’on fasse encore payer et souffrir les plus faibles, les plus vulnérables de notre société.

En préalable, je dirais ceci à l’Empereur de Flandres : « Ce qui est choquant ce ne sont pas les modestes revenus procurer par les allocations sociales que perçoivent certaines personnes MAIS les dividendes et les revenus des banquiers qui explosent à nouveau (à des niveaux parfois même supérieur d’avant la crise) après que les deniers des citoyens ont été utilisé pour leur éviter la faillite, pour éponger leur dette, pour réparer les dégats de leur immoralité ».

Là-dessus, vous ne trouverez aucune proposition, aucune ligne dans le programme de la NVA.

Réorganiser le marché du travail , des pensions et des soins de santé pour réduire les dépenses publiques

Voilà donc la première prescription du traitement choc socio-économique de la NVA. Le but est de diminuer les déficits en n’augmentant pas les impôts mais en diminuant les dépenses par une réorganisation du modèle sociale avec deux mots clefs « responsabilisation » et « autonomie fiscale » , le but ultime étant la création à terme d’une sécurité sociale flamande.

Ces propositions qui font faire peser l’effort uniquement sur les plus fragiles, les personnes aux plus faibles revenus, sur ceux qui ont le plus besoins de la solidarité nationale sont inacceptables, injustes et constituent une régression sociale sans précédent depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Pire, la fin voulue de la solidarité interpersonnelle signifie tout simplement la fin de notre modèle sociale (parmi les meilleurs du monde) qui a pourtant parfaitement jouer son rôle d’amortisseur lors de la crise financière et économique.

Dans un même pays, dans une même région, l’on ne peut accepter que pour des mêmes soins médicaux les personnes soient traité de manière différentes selon leur appartenance régionale ou communautaire.

La suppression des prépensions

 Voilà une proposition de réforme du marché du travail qui va plaire au Ministre Président flamand Kris Peeters et aux ouvriers d’Opel Anvers !

Si l’on doit éviter naturellement les abus, les supprimer reviendrait à faire payer 2 fois ou ouvriers et employer l’addition. Une première fois en étant licencier pour cause de fermeture d’usine ou de délocalisation. Une deuxième fois en les renvoyant au chômage (souvent après une longue carrière) où ils sont quasiment sûr qu’ils ne retrouveront pas un emploi.

Se priver des prépensions, c’est se priver d’un amortisseur social majeur (dont les flamands ont souvent tiré profit).

La suppression des périodes assimilées dans le calcul des pensions et avoir travailler 45 ans effectifs pour prétendre à une retraite à taux plein

Cette proposition est une insulte à la jeunesse qui se lève tôt pour aller sur les bancs de l’université ou  de l’enseignement supérieur. Elle est un non-sens dans une Europe qui rentre dans l’économie de la connaissance et de l’excellence notamment via le plan européen « 20 20 ». Cela ferait porter à 68 au 70 ans l’âge de départ à la retraite pour les bacheliers et les titulaires d’un master en espérant qu’il n’ait pas de période de chômage dans leur carrière.

Ces mesures reviennent purement et simplement à supprimer la retraite à taux plein, à rompre avec le pacte et la solidarité intergénérationnel en favorisant l’épargne retraite privée et en poussant davantage l’individualisme.

La volonté de creuser encore davantage le fossé entre les citoyens en augmentant encore un peu plus les inégalités est scandaleuse et inacceptable.

 

Résumons donc : rupture de la solidarité interpersonnelle, rupture de la solidarité intergénérationnelle, creusement des inégalités, rupture de l’égalité entre les belges, …

Si il faut réformer, si il faut faire des efforts cela ne doit en aucun cas être sur le dos des plus faibles, de ceux qui ont le moins, de ceux qui se forment pour construire un avenir meilleur. Cela ne doit pas être l’occasion d’une casse sociale à laquelle les francophones, les progressistes doivent dire NON !

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Publié dans La crise belge

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