La promesse de la jeunesse

Publié le par Sébastien Delsanne

Les récents développement de l’actualité , notamment la mobilisation contre la réforme des retraites en France , font revenir le débat sur la jeunesse avec le postulat qu’il faut arrêter de faire travailler les « vieux » pour laisser la place aux jeunes.

Depuis trop longtemps, la question sociale sous-jacente à ce postulat prime sur la question générationnelle qui devrait être le point de départ central de toute réflexion sur les moins de 30 ans.

En effet, la jeunesse n’est pas une . Elle est diverse et éclatée entre la jeunesse rural, la jeunesse paupérisée , la jeunesse des villes et des banlieues, la jeunesse d’élite.

En prenant en considération et comme point de départ la question générationnelle, l’on comprend assez aisément que le postulat est inapplicable et complètement faux car les emplois ne sont pas substituables.  L’on peut également s’interroger sur la scolarité et la formation de cette jeunesse pour qu’elle dispose de l’ensemble des armes et des moyens pour affronter le monde du 21e siècle, multipolaire, globalisé et spirituel.

Depuis 20 ans , la société , en crise , ne comprend plus sa jeunesse parce qu’elle ne l’écoute pas et ne l’entend plus, elle ne la regarde plus parce qu’elle en a peur .La jeunesse est trop souvent jugée comme une charge  ou comme une menace alors qu’elle est porteuse d’espoir, de progrès et d’amélioration sociale. Plus grave probablement, la société ne croit plus en sa jeunesse et quand une société ne croit plus en sa jeunesse alors elle meurt à petit feu.

Quant à la jeunesse d’aujourd’hui , e marquée par la paupérisation, la crise et la pauvreté dans sa grande majorité elle s’approprie de moins en moins la chose publique, elle est très mal représentée dans le monde politique ou syndicale. L’un des points centraux de se « désamour politique » est le fait que la jeunesse en marre des promesses non-tenues, des « avec moi vous allez voir ce que vous allez voir » ou « tout va changer ». 

L’image que l’on renvoi  à la société de sa jeunesse principalement à travers les médias est  extrêmement négative : la presse ne parle du ministère de la jeunesse que pour dénoncer « les casseurs » ou pour parler des « ippj » . Cependant , la jeunesse est remplie d’idées, d’honneur, d’idéaux et de valeurs.

Nos sociétés occidentales n’ayant plus de projet, de croyant plus en l’avenir, nostalgique d’un passé révolu a décidé de cristalliser sur sa jeunesse , par effet miroir, toutes ses peurs, toutes ses craintes, ajoutant son malaise à celui , souvent propre, de la jeunesse.

Pourtant, plus que jamais, la jeunesse doit être créative, rêveuse, en pointe sur les combats sociaux, éthiques, économiques, environnementaux et politiques parce qu’elle doit façonner la société de demain , société qui sera la sienne. Elle doit se battre pour se faire une place, pour peser sur le cours des choses , pour construire l’avenir , le sien et celui de tous.

 

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Publié dans Politique

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