La double victoire de Bart
En déposant une note écrite , qu'il a rendu public 15 minutes après l'avoir transmise aux 7 formations politiques impliquées depuis 4 mois dans les négociations (ce qui est hors-code) , Bart De Wever à doublement réussi.
Premièrement, depuis le début des négociations, le front flamand n'existait pas: il y avait 2 blocs (NV.A et CD&V d'une part et SP.A et Groen! d'autre part). En déposant cette note écrite, point final d'une mission de clarification ratée, Bart De Wever a réussi , en ne dépassant aucune ligne rouge des partis flamands ( pas de scissions de l'ISOC, des pensions,...) , à resouder derrière lui tous les partis flamands et par la même occassion de ramener dans son giron le SPA et Groen! plus modérés, plus proche des positions francophones.
Deuxièmement, il s'était fait le pari implicite, silencieux, caché mais jamais oublié de démontrer, fusse par l'absurde, que la maison Belgique , dans l'état actuel de son architecture , était ingouvernable et ingérable. Cette demonstration est aujourd'hui quasiment faite. Il faut une réforme copernicienne, à commencer au sein du milieu politique et dans la manière de négocier.
Négocier , voilà dorénavant le maitre mot. Car , ni les flamands, ni les francophones ne s'en sortiront autrement que par là. Il faut pour cela deux choses : primo que les flamands et singulièrement la NVA accepte de revenir autour de la table et secondo que les francophones aient rédigé une note définissant la Belgique de demain qu'ils veulent car il ne suffit plus de dire que l'on est prêt à une grande réforme de l'état il faut maintenant que derrière ce terme générique soit mis un contenu assez solide.