Soins de santé : le PS a-t-il perdu son âme ?

Publié le par Sébastien Delsanne

Il y a un an, le Parti Socialiste voulait des soins de santé de qualité et accessibles à tous. C’était avant le 13 juin 2010, avant les élections fédérales anticipées.

Un an plus tard, alors que la  Belgique n’a toujours pas de gouvernement fédéral et que l’on commence à peine et timidement à parler des questions socio-économiques, le Ministre fédéral démissionnaire, Paul Magnette, a déclaré sur le plateau de l’émission « Zevende Dag » que le PS n’était pas opposé à faire des économies dans le domaine des soins de santé.

Certes, d’ici 2015, il faudra faire des économies d’environs 20 milliards d’euros (répartis entre le fédéral et les entités fédérés – les fameuses entités 1 et 2). Mais ces économies ne doivent ni porter atteinte au système des soins de santé ni sur le dos des malades.

Notre système de soins de santé est l’un des plus performants du monde et a permis de servir d’amortisseur (oh combien utile) lors de la crise de 2008-2009. Il ne faut en aucun cas aller chercher l’argent là.

Ni d’ailleurs chez les malades qui ont besoin et droit à avoir des soins de qualités. Et la qualité ça coute de l’argent, cela nécessite des moyens.

Réduire les budgets , faire des économies et en même temps tenir les promesses du programme socialiste de 2010 ( qualité des soins ; diminution du coût de l’hospitalisation ; voir et entendre à prix raisonnable ; aller chez le médecin sans craindre pour son portefeuille ; diminuer le prix des médicaments ; permettre à plus de monde de se soigner sans se ruiner ; mieux lutter contre le cancer , les maladies chroniques, les maladies rares et la douleur ; répondre aux besoins spécifiques des aînés ; …) , c’est tout simplement impossible.

S’il l’on peut mieux utiliser certains crédits, l’on ne peut absolument pas faire des économies. Au pire, l’on peut geler le budget à la place de l’augmenter. Ce serait déjà un sacrifice que devrait supporter les plus faibles notamment.

En un an de négociations tristes , d’échecs en échecs, le PS a-t-il perdu son âme ? L’on savait déjà qu’il souhaitait faire un gouvernement coûte que coûte (ce qui n’est déjà pas glorieux) mais si en plus c’est en bradant la santé , alors vraiment le PS ne mérite plus notre soutien.

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Publié dans La crise belge

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