Un gouverment rapidement mais pas à n'importe quel prix!

Publié le par Sébastien Delsanne

Je reviens sur le sujet de la manifestation « Shame » de ce dimanche et plus précisément sur certains points de l’article que j’avais publié sur ce blog et afin qu’il n’y ait pas de mal entendu.

 

Un gouvernement d’affaires socio-économiques

 

Dans le cadre des négociations post-13 juin 2010, l’on peut distinguer deux grandes catégories de domaines : l’institutionnel et le socio-économique au sens large en y incluant bien sur la politique budgétaire, sécuritaire, pénitentiaire, social etc.

 

La logique suivie actuellement veut que l’on obtienne un accord sur une réforme institutionnelle avant de négocier la formation d’un gouvernement. L’un n’allant pas sans l’autre, avec pour conséquence un blocage absolu de toutes les politiques fédérales , notre pays étant doté d’un gouvernement en affaires courantes.

 

Alors que tous les gouvernements européens prennent des mesures anti crise, réduisent leur déficits publics, s’interrogent et réforment leur système fiscal, réforment les pensions et j’en passe, chez nous nada ! Peut-on raisonnablement croire qu’une telle situation peut durée , surtout avec un endettement tout proche des 100% du PIB ,alors que les menaces sur l’euro sont fortes, que la croissance économique est molle, que le taux de chômage est élevé , que la note de la Belgique menace d’être dégradée (ce qui aurait pour conséquence que nous devions faire appel au fond de sauvetage européen comme l’ont la Grèce et l’Irlande et ce avec des conséquences sociales dramatiques que l’on connait), que des pays comme l’Espagne et le Portugal se battent quotidiennement pour garder la tête hors de l’eau ?

 

Alors me direz-vous, y-a-t-il une autre solution, une autre méthode ? Bien sur que oui, cette autre méthode a d’ailleurs toujours été utilisée par le passé : elle consiste à dissocier la négociation d’un accord gouvernemental de la négociation institutionnelle , bref elle consiste à travailler en parallèle. Ce à quoi j’appelle d’ailleurs.

 

Plusieurs arguments viennent étayer cette proposition : primo cela permettait d’avoir un gouvernement de plein exercice rapidement et secondo , tout le monde sait qu’une réforme de l’état à fortiori de si grande ampleur, nécessite du temps, beaucoup de temps , des années mêmes.

 

Cette autre formule a par ailleurs été proposée par le préformateur lui-même au tout début de sa mission. Il parlait alors de travailler en parallèle avec d’un coté une majorité PS-CDH/NVA-CD&V-SP.A pour ce qui concerne la formation d’un gouvernement et d’autre part la majorité gouvernemental plus ECOLO et GROEN pour négocier l’institutionnel.

 

Un gouvernement fédéral oui mais pas à n’importe quel prix !

 

Voilà alors que l’on m’objecte qu’utiliser cette seconde méthode reviendrait à ce que les francophones acceptent toutes les revendications flamandes. Et bien non ! Puisque vous travaillez en parallèle vous ne devez pas avoir préalablement un accord institutionnel pour former un gouvernement fédéral. J’ai bien pris soin , pour éviter que nous capitulions, de préciser qu’il fallait changer la méthode de travail pour permettre la mise sur pied d’un gouvernement fédéral rapidement.

 

Evidement, les francophones ne doivent pas capituler , ni tout accepter. Evidement, que je ne souhaite pas d’Elio di Rupo serve de marche pied à Bart de Wever pour monter sur son cheval victorieux comme le fit l’Empereur perse Sapor Ier avec l’empereur Valérien.

 

Une majorité gouvernemental sans la NVA est possible …

 

Bien que cela soit compliqué, je l’admets, une majorité sans la NVA pour constituer un gouvernement fédéral est possible. Il faudrait que plusieurs conditions soient réunies et notamment un courage politique flamand très important (et principalement que le CD&V rompe le cartel « virtuel » avec les nationalistes) et que les libéraux du nord comme du sud montent au fédéral.

 

Par contre, effectivement, il est quasi impossible de réformer l’Etat sans la NVA , la composition de la Chambre étant ce qu’elle est, à moins de négocier avec le Vlaams Belang et la Lijst De Decker ce qui serait la pire idée que nous puissions avoir.

 

Oser définir ce que les francophones et les néerlandophones veulent encore faire ensemble !

 

Nous, francophones, ne devons pas avoir peur que la question qui consiste à savoir ce que l’on veut encore faire ensemble. Cela revient tout simplement à appliquer la Constitution, son article 35 en l’occurrence. Cela demande bien évidement du courage, mais le courage ce n’est pas de faire l’autruche.

 

Je ne crois pas qu’il soit convenable, ni acceptable que l’on détricote lambeau après lambeau l’Etat fédéral avec les conséquences que cela a.

 

Me direz-vous alors, si nous faisons cela, nous allons de plus en plus vers une Belgique confédérale ! Oui, c’est la marche de l’Histoire, l’on ne peut obliger personne à rester en ménage quand il ne le veut plus. Un peu de lucidité ! D’ailleurs, en 2007 aucun francophone ne voulait de réforme de l’état, aujourd’hui contraint et forcé ils s’apprêtent à réaliser la plus vaste que le pays n’ait connu.

 

Beaucoup d’autres points pourraient être abordé comme la réforme interne de la région bruxelloise ou la refonte de l’espace francophone. J’y reviendrai.

 

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Publié dans La crise belge

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K
<br /> "cela me parait peu crédible" à court terme<br /> <br /> <br />
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K
<br /> La marche de l'histoire, c'est souvent celle de ce qu'on fait (concretement). Bon, évidement, il existe des rapports de forces et des ambitions qui pesent lourd.<br /> <br /> Les (plus) nationalistes flamands ont de grandes ambitions. Les précédentes négotiations en parralèle n'ont pas abouti. Je crois que les nationalistes veulent absolument un accord institutionnel<br /> avant le reste... pour s'assurer d'en obtenir un. Il faut dire aussi que leur survie politique peut y être lié et qu'existe l'idée d'un "moment historique" à ne pas rater.<br /> <br /> Tout ca pour dire qu'il semble peut évident d'obtenir de la NVA ce que tu esperes. Et soyons clair : négocier un large accord institutionnel, ca prend du temps.<br /> <br /> Les propos des autres partis flamands (tous les partis démocrates représentés) sont unanimes : pas sans la NVA.<br /> Cela s'explique : peur de l'opposition d'un parti ayant le poids électoral de la NVA, peur d'aller contre le concept du "parti-vainqueur", peur d'être de "mauvais flamands"...<br /> <br /> Pour l'instant, ces partis (VLA, CD&V, SPA, Groen) ne veulent pas monter au gouvernement sans la NVA. Ca peut changer. Il y a des mouvements (timides). Mais à moins d'une évolutions rapide,<br /> cela me parait peu crédible.<br /> <br /> Quand à ce que font les autres gouvernements... Il y a une loi (si oui, laquelle) qui interdit le défaut? Petite histoire... le gouvernement espagnol vote de justesse sont plan de récession. Le<br /> lendemain, une agence de notation reconnait que le plan sera efficace et diminue la note de l'Espagne.<br /> <br /> Ne soyons pas de bons élèves : ce sont les bons élèves de mauvais cours dogmatique.<br /> <br /> <br />
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